Projet pédagogique

Le projet pédagogique de l’école « Les pensées sauvages » vise le développement global de l’enfant dans le bien-être et la coopération, tant par l’acquisition des bases traditionnelles du programme officiel que par le développement de la créativité et de la volonté de chaque enfant.


Il s’inspire des pratiques développées dans les écoles en pédagogies actives. Des pratiques qui visent avant tout à rendre l’enfant autonome, capable de construire des résiliences collectives, pour relever les défis du monde de demain.

Des pratiques actives qui rendent l’enfant autonome

Notre école ne se revendique pas d’une pédagogie particulière et unique, mais elle se veut carrefour des réflexions en termes de pédagogies. Elle se veut être une école « qui cherche » et se nourrit des outils et conceptions des différentes pédagogies pour trouver son propre chemin. Il est pour nous essentiel de partir des enseignant.es, de leurs intérêts et de leurs envies,
pour autant que ceux-ci coïncident avec les valeurs et orientations présentées dans le présent projet pédagogique.


Tout en tenant compte des impératifs d’un enseignement subventionné par la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’enseignement offert s’inspire de différentes pratiques et méthodes pédagogiques issues de l’Éducation Nouvelle (Freinet, Decroly, pédagogie du Chef-d’oeuvre,…) Sans en suivre les lignes prédéfinies, ces courants pédagogiques sont autant de sources d’inspiration et de soutien pour les enseignant.es dans leur pratique.

Les aspects que nous affectionnons tout particulièrement :

  • la dimension sociale et politique. Nous voulons une école ouverte et plurielle, reflet d’une société inclusive où tous et toutes peuvent s’épanouir de manière libre et responsable.
  • les apprentissages comme outils pour aller à la rencontre des besoins réels des enfants, tant pratiques que réflexifs ou émotionnels. Qu’ils soient l’outil qui accompagne l’enfant dans le développement de toutes ses facettes (la tête, le coeur, les mains).
  • l’autonomie individuelle et collective grâce à la libre découverte et le tâtonnement expérimental, l’envie d’apprendre et le dépassement de soi, à la base de tout apprentissage.
  • la dynamique collective et l’expression démocratique que nous souhaitons expérimenter à travers une organisation la plus horizontale possible : les
    « conseils de classe », les rôles et responsabilités pris par les enfants, les assemblées, les prises de décision collectives,…
  • la créativité au centre des apprentissages et de la vie scolaire.
  • la porte du ressenti pour appréhender les apprentissages (expériences, émotionnelles, sensorielles, rythmiques,…)
  • l’importance des rythmes et du milieu dans lequel évolue l’enfant. L’école n’est pas prioritairement le lieu où on transmet des savoirs aux élèves, mais le lieu où l’enfant se découvre et appréhende ses propres rythmes.
  • l’entraide et à la coopération, en opposition à la compétition, pour construire ensemble le monde de demain.


Ces différentes pratiques pédagogiques ont en commun de proposer un enseignement qui met en priorité l’épanouissement des enfants, – leur épanouissement sensoriel et émotionnel, leurs capacités de compréhension et d’action pour donner place à la créativité et à la coopération.

« La connaissance s’acquiert par l’expérience,
tout le reste n’est qu’information. »
Albert Einstein.

« Rien n’existe dans notre intelligence
qui n’ait d’abord été dans nos sens. »
Démocrite

L’organisation collective et l’éducation à la coopération

Parce que le vivre ensemble s’apprend, notre école encourage les pratiques qui visent à développer la coopération et le dialogue, le sens de la responsabilité, ainsi qu’à expérimenter des modèles innovants d’organisation collective, que ce soit parmi les enfants, entre les enfants et les enseignants, parmi les enseignants, ou encore entre les enseignants et les parents.

De manière concrète, la responsabilité sociale et la participation active peuvent s’éprouver aux travers des différentes tâches (rangement et nettoyage des classes, organisation des fêtes saisonnières, communication au sein de l’école et vers l’extérieur,…) liées au bon fonctionnement de notre école. On peut prendre des décisions collectives, les expérimenter un temps donné et ensuite les évaluer, quitte à les modifier par la suite. Cet apprentissage répond aux compétences qui favorisent un comportement responsable. Les enfants découvrent leurs droits et leurs devoirs et ils apprennent à les mettre en application. Ils prennent conscience de la dignité de la personne.

En développant l’écoute active, les enfants apprennent à verbaliser leurs émotions, à résoudre leurs conflits, à avoir des comportements permettant de s’enrichir mutuellement et de se respecter. Les jeux coopératifs sont un bel outil pour expérimenter de tels comportements. La coopération fait éprouver la solidarité, facilite les apprentissages et permet de réaliser de plus grands desseins que ceux que l’on aurait pu atteindre seul.

Le lien à la nature et l’éducation par l’environnement

Le lien à la terre, aux animaux et à tout ce qui fait l’environnement naturel de l’enfant est très présent dans les pédagogies actives, au sens où ce lien permet une expérience authentique avec le monde réel. La nature et les êtres vivants qui la composent aident l’enfant (et l’adulte) à ancrer des principes fondamentaux qui le reconnectent en profondeur avec la vie. La nature met l’enfant en situation de découverte et le rend acteur de son apprentissage. Face aux lois de la nature, l’enfant construit un sens affûté des réalités et mûrit un système de ressources qui lui permettra d’accueillir et de gérer les difficultés rencontrées. Il développe également sa compréhension et son empathie pour le monde vivant qui l’entoure.

A différents endroits dans le monde, des écoles (Écoles du Dehors) permettent aux enfants de s’épanouir au contact de la nature. L’environnement peut être une source intarissable d’exploration scientifique, mathématique, poétique, philosophique,… et l’agriculture une incroyable leçon d’histoire. C’est cet ancrage fondateur avec la terre qui inspire la connaissance et le respect de celle-ci. Selon le pédagogue Célestin Freinet, l’intelligence « naturaliste » participe également aux développements des habiletés sociales comme le partage ou la coopération.

Notre école sera en lien étroit avec la rivière qui entoure son village, la Semois. Elle permettra aux élèves une acclimatation à l’eau lorsqu’il fera beau tout étant une source d’apprentissage pour la biologie, les écosystèmes,…

La créativité au centre des apprentissages

La créativité est la faculté d’invention, la capacité d’imagination. En ce sens elle est souvent associée à la dimension artistique, mais en réalité elle touche toutes les disciplines. La créativité est aussi la capacité à proposer de nouvelles expérimentations et de nouvelles solutions. En ce sens elle est une compétence transversale essentielle pour relever les défis du monde. La créativité est enfin une source précieuse de bonheur et d’épanouissement. Le but premier du processus créatif étant la satisfaction que procure le fait d’accomplir quelque chose, de donner corps à une idée, à un concept. Le développement de la créativité chez l’enfant lui permet également d’acquérir une souplesse mentale qui va de pair avec une plus grande capacité d’adaptation au changement.

Une pédagogie de la créativité n’implique pas inévitablement une modification du programme scolaire, mais bien une autre manière de penser et de proposer les apprentissages. La mise en place de dispositifs créatifs peut déjà se faire en visant la création plutôt que la reproduction.

La pédagogie du Chef d’oeuvre

Le Chef d’oeuvre pédagogique est inspiré du travail que devaient fournir les Compagnons à la fin de leur périple, véritable aboutissement de leur cheminement. Pour l’élève, il s’agit de présenter en fin de sixième primaire un sujet de son choix, qu’il étudie sous toutes ses dimensions et présente à l’ensemble de la communauté scolaire. Les connaissances acquises jusque là tout au long de sa scolarité sont rassemblées, triées, mobilisées (langage écrit, langage oral, langage mathématique, scientifique, géographique,…). Des adultes et professeurs le soutiennent. Cet aboutissement ritualise également un double passage: l’un institutionnel, vers la “grande école”, et l’autre symbolique, vers l’adolescence.

L’erreur, une étape nécessaire de l’apprentissage

L’apprentissage n’est pas un processus linéaire. Il passe par essais, tâtonnements, erreurs,… L’erreur peut devenir un beau matériau collectif. Si on ne la stigmatise pas, elle permet aux enfants d’accéder à une meilleure compréhension de leur propre cheminement, et à un accroissement de leur autonomie. Le “droit à l’erreur” permet en outre d’identifier les besoins des enfants, de différencier les approches pédagogiques, et de les adapter avec pertinence.

Les cours philosophiques

L’école s’inscrit dans le réseau libre non confessionnel (Fédération des établissements libres subventionnés indépendants – FELSI). Nous avons fait le choix du cours de « Philosophie et citoyenneté » qui poursuit plusieurs objectifs : aider l’enfant à se construire une pensée autonome et critique, se connaître soi-même, s’ouvrir à l’autre, construire la citoyenneté dans l’égalité en droits et en dignité, s’engager dans la vie sociale et l’espace démocratique.

Ces cours seront donnés sous forme d’Ateliers Philo.

Les cours artistiques

Tant le chant, que la musique, l’art de la parole et les arts plastiques sont des disciplines à part entière qui occupent une place importante dans notre école. Elles permettent le développement d’aptitudes diverses (créatives, relationnelles, ludiques, introspectives,…) et sont en ce sens à la fois un chemin vers soi et un chemin vers l’autre.

Jouer de la musique ou chanter ensemble demande d’être en même temps à l’écoute de soi et de l’autre ; les arts de la parole consolident la confiance en soi tout en construisant l’interaction et le dialogue avec les autres ; réaliser une œuvre collective demande d’élaborer une vision commune tout en veillant à trouver sa place individuelle, construire son univers et un imaginaire propre.

Les savoir-faire manuels

L’univers des savoir-faire et des travaux manuels est un projet important dans notre école qui prendra place tous les vendredis après-midi. Il permettra aux enfants de découvrir les artisans de la région, les métiers d’autrefois, l’évolution des techniques,… tout en acquiérant des compétences manuelles. Ce projet nous permettra d’investir le lien avec le village en invitant ses habitan.tes à venir partager leurs savoirs et connaissances.

Une attention au corps et au mouvement

L’école étant le lieu où l’enfant passe une grande partie de son temps, nous ne pouvons passer d’une attention au corps (qui grandit) et au mouvement. Cela ne peut être réduit à l’éducation physique et sportive. L’apprentissage du corps passe par bien d’autres propositions : de la danse à la relaxation, de l’expression corporelle au théâtre, de la mise en jeu du corps dans les mathématiques à la découverte des grandes fonctions biologiques dans son quotidien, de son installation matérielle en classe au sac à dos qu’il porte, etc.

Le corps est aussi un outil d’expression et de créativité. À travers les activités corporelles proposées, à la fois physiques, ludiques et créatives, l’idée de performance et de compétition laisse place au vécu émotionnel.

Les classes, tant en maternelle qu’en primaire, seront aménagées de manière à pouvoir répondre aux besoins kinétiques des enfants.

Une école ouverte sur l’extérieur et ancrée dans son village

Dans l’art de créer du lien, privilégier un ancrage fort au sein du village et de ses dynamiques nous semble incontournable. Favoriser les liens intergénérationnels en participant aux fêtes organisées dans le village, en proposant des goûters autour du four à pain, en invitant les aînés à venir partager leur histoire et leurs savoir-faire, en maintenant des liens étroits avec la vie associative (Centre culturel, Syndicat d’initiative, Comité des fêtes) et sportive (Centre Adeps, école de danse) au sein du village. Se nourrir des alliances avec l’extérieur est indispensable pour ne pas laisser place à un entre soi. En d’autres mots, s’ouvrir au monde et laisser le monde venir à nous.

Une école attentive à la différence

S’ouvrir à la différence enrichit l’ensemble du groupe en lui apprenant le respect, la tolérance et l’empathie. Pour les enfants en difficulté, l’intégration à un groupe d’enfants qui ont plus de facilités favorise leur épanouissement, les stimule en les tirant vers le haut et leur apprend la socialisation.

Notre école souhaite pouvoir accueillir des enfants fragilisés. La capacité d’accueil dépendra toutefois de la situation spécifique de l’enfant (primo-arrivant, en rupture scolaire, avec des dysfonctionnements au niveau des apprentissages,…) et/ou de la nature du handicap. L’équipe éducative se réserve le droit d’évaluer le caractère réalisable des aménagements à mettre en place et de sa capacité à y apporter une réponse positive et constructive.

Une équipe pédagogique concernée

Dans une petite école, il est indispensable que l’ensemble de l’équipe éducative soit soudée. Cette équipe est constituée d’un.e ou plusieurs enseignant.es, de maîtres spéciaux, d’un.e référent.e pour l’accueil extrascolaire. Le P.O. s’attache à engager des enseignant.es qui adhèrent aux valeurs du projet pédagogique global.

Le projet pédagogique implique par ailleurs que le personnel soit dans un cheminement et une démarche de formation continue afin d’encadrer et d’accompagner au mieux les enfants. Le processus d’acquisition de compétences n’étant jamais achevé, des formations sont proposées aux enseignants tout au long de leur parcours, en lien avec les pratiques de pédagogie active, l’accompagnement relationnel, la gestion de groupe, etc.

Les formations ne se limitent pas aux enseignant.es, mais à tout le personnel. La personne référente pour l’accueil extrascolaire a un rôle tout aussi essentiel que l’enseignant.e et s’engage à mettre en pratique les différents aspects pédagogiques cités ci-dessus.

Dans un souci de cohérence et de soutien, des moments de concertation entre les enseignant.es sont prévus sur une base hebdomadaire. Sont discutées les difficultés rencontrées, les belles découvertes, les activités réalisées, l’évolution des enfants, les projets communs, etc. Ces rencontres sont prévues dans le but de favoriser un travail d’équipe (entraide et coopération) et de diminuer le sentiment de solitude qu’un.e enseignant.e peut parfois ressentir seul.e face à sa classe. Des passerelles et projets communs peuvent par ailleurs être développés avec les écoles environnantes, quel que soit le réseau auquel elles appartiennent.

Les enseignant.es s’engagent à appliquer au mieux les principes de vie commune dans leurs interactions avec les enfants et avec les autres adultes de l’école, dans un climat de bienveillance. Ils et elles ont conscience de leur responsabilité de modèle et de la rigueur que cela exige.

Une école en lien avec les parents

La confiance réciproque qui se construit au fil du temps entre les parents et l’équipe éducative est une base fondamentale pour un accompagnement harmonieux de chaque enfant. Un suivi personnalisé des enfants et divers retours vers les parents sont prévus. L’école est un lieu de bien-être, de rencontre et de partage. Les parents participent à l’organisation de la vie scolaire (rangement et nettoyage des classes, travaux et aménagements, organisation des fêtes saisonnières, préparation des collations collectives, soutien logistique lors des excursions,…). Un comité de parents structure et coordonne cette participation.

Toutefois, l’école reste l’espace des enfants et de l’équipe éducative. Les événements internes à l’école se résolvent avec et dans l’école. Le P.O. remplit un rôle de médiation dans le cas d’éventuels tensions ou conflits entre les parents et l’équipe pédagogique.

Les parents et les enseignant.es s’engagent à veiller au bien-être et à la sécurité des enfants, tout en acceptant que l’absence de risque n’existe pas. Il est nécessaire que les parents adhérent au présent projet pédagogique afin que la relation puisse se construire dans la confiance et la bienveillance.